S’adapter soi même grâce à la « débrouillardise »
Devant la multitude de conseils reçus, la plupart allant du dressage à la contrainte, vous faites le tri des recommandations et adoptez l’attitude (ou la méthode) qui vous paraît la plus adaptée à votre animal et à votre mode de vie.
Jusqu’ici tout va bien… Vous vous appliquez à mettre place les conseils et vous « rectifiez le tir » au fur et à mesure de l’évolution de votre situation en prenant de nouveaux conseils auprès de vos amis.
2 scénarios sont alors possibles :
- la situation empire et d’autres comportements gênants apparaissent. La relation avec votre animal se dégrade de jour en jour. Vous ne le supportez plus, lui et ses comportements gênants qui vous épuisent (et vous ruinent financièrement parfois). Vous vous êtes pourtant donné beaucoup de mal pour faire changer cela ! Parmi les « nouveaux comportements gênants » de votre chien, les conduites agressives sont apparues : il s’est mis à grogner, ou pire, il a commis l’irréparable : il vous a mordu, vous-même, votre enfant ou un inconnu ! La situation est grave. Vous prenez RDV chez le vétérinaire pour faire examiner ce chien qui est devenu si imprévisible et dangereux. Le vétérinaire a alors la lourde responsabilité de laisser repartir (ou non) de son cabinet un « chien mordeur » (et donc potentiellement dangereux) ! Si votre chien a de la chance, il suivra quelques leçons d’éducation…
- Vous avez réussi à «corriger de vous-même» le comportement gênant de votre chien, en prenant conseil autour de vous ou après quelques séances d’éducation. Vous êtes très satisfait ! Finalement ce n’est pas si compliqué un chien, c’est du feeling ! Vous ferez ensuite profiter les autres de votre expérience positive.
Petit exemple
Padbol, jeune labrador de 1 an aboie fortement sur ses maîtres depuis quelques mois. Cela se manifeste en particulier lorsque l’un de ses propriétaires s’en va (quitte le groupe). Il s’est aussi mis à détruire la porte d’entrée et la fenêtre d’à côté en leur absence. Monsieur cherche des solutions sur internet. Il lui est conseillé, entre autre, de réprimander Padbol par un « NON ! » ferme et dissuasif dès que celui-ci se met à aboyer sur quelqu’un (voire de le saisir par la peau du coup et de le secouer…en douceur !?), d’être moins souple avec lui, de le faire manger après le reste de la famille, de l’amener au club d’éducation et de ne plus le laisser monter sur le canapé ! Monsieur en conclut que le comportement de son chien n’est pas grave, que Padbol est peut être un peu trop sociable, et s’applique à mettre en pratique les conseils donnés. Ca marche ! Padebol n’aboie plus sur les gens… tout le monde est soulagé (sauf Padbol mais ça ne se voit pas ou si peu). Un soir en rentrant de l’école, Océane (10 ans) la petite dernière de la famille trouve son chien sur le canapé… Elle sait que Padbol n’a pas le droit d’y être et elle veut s’y installer pour regarder les dessins animés. Elle tente de l’en faire descendre… Madame entend les cris de sa fillette depuis la cuisine et se précipite… Trop tard ! Il l’a mordue au visage…
Nous sommes bien loin des aboiements et des destructions du départ n’est ce pas ? Pourtant, il s’agit bien du même chien dans la même famille (et du même « problème ») !
Que s’est-il passé ?
En adoptant ces comportements inhabituels, votre chien tente de s’adapter à ce qu’il vit. Il cherche des réponses comportementales pouvant satisfaire à la fois ses besoins (immuables), et les vôtres. Même si vous parvenez à effacer les comportements qui vous gênent en les contrant ou en les détournant (et en vous donnant parfois beaucoup de mal), le problème est toujours présent, prêt à réapparaître à la moindre occasion... Le malaise (ou mal être ?) de l’animal peut se traduire par l’apparition en chaîne de comportements gênants, parfois entrecoupés de « périodes d’amélioration » au cours desquelles le chien semble pourtant avoir restauré un certain équilibre, du moins au niveau comportemental, et pour un temps... Dans ce contexte instable, certaines situations de tension pour le chien peuvent engendrer des conduites agressives. Au final et à l’extrême, on peut penser que l’animal ne trouvant plus suffisamment de ressources (en termes de comportements adaptatifs) pour s’ajuster à la cohabitation qui lui est proposée, pourra être plongé dans un état pathologique d’agressivité permanente, de défense ou de lutte, de repli sur soi ou de résignence acquise (proche de l’apathie), accompagné parfois de troubles organiques.
En résumé, si les causes du/des comportements gênant(s) de votre chien ne sont pas clairement identifiées et comprises, vous vous exposez, vous et votre entourage, à des situations dangereuses. Si en plus, les conseils ou les interprétations qui vous sont proposées sont erronés (car tout le monde peut se tromper même les professionnels) la situation peut rapidement tourner au drame (même si votre chien n’est pas un gros chien, qu’il est correctement soigné, nourri et aimé, sociable et « pas méchant »)
Que faire alors ?
Revenir à la source. L’apparition du premier comportement gênant… la sonnette d’alarme ! Faites appel au bon professionnel dès le départ, identifiez les causes de l’apparition de ce comportement et les besoins de votre animal. Recevrez et appliquez des conseils adaptés au bon moment (avant que la situation ne s’envenime) ! Pas pour le portefeuille du comportementaliste, non ! Pour le bien être et la sécurité de tous (vous, vos enfants, votre animal, et tous les autres) !
Simple «question maison» qui n’a rien à voir avec le chien ou presque
Si vous repérez un grave affaissement avec une énorme fissure dans la charpente de votre maison. Allez-vous vous dire que cela n’est pas grave et attendre qu’elle ne tombe ? Tenterez-vous d’abord de la réparer vous- même (avec votre famille et vos amis) au risque voir s’écrouler votre toit et de blesser quelqu’un ? Ferez-vous ensuite appel à un peintre pour simplement camoufler les fissures de votre poutre maîtresse et attendre que cela ne se dégrade davantage ? Une fois la moitié du toit par terre, votre petite fille blessée et la maison menaçant de s’écrouler sur le voisinage, ferez-vous appel à un expert démolisseur pour détruire entièrement votre maison et déménager ? Finalement, en dernier recours, prendrez-vous RDV en urgence avec un artisan charpentier qui se donnera toutes les peines du monde pour reconstruire votre toit si cela est encore possible ? Combien de risques aurez vous pris et combien d’argent au final aurez vous dépensé ?
Vous avez aussi la possibilité de faire appel au charpentier dès que vous vous apercevez de l’affaissement. Il vous dira comment traiter le problème de façon adaptée et efficace dès le départ. En bon charpentier, il sait repérer les poutres qu’il faut simplement renforcer, celles qu’il faut remplacer en premier, celles qui vieilliront mal et qu’il faudra surveiller, c’est son métier ! En vous entourant des bons professionnels au bon moment, vous préservez a la fois votre maison, la sécurité de votre foyer et du voisinage…
Mais alors et vous ? Que faîtes vous face à l’apparition de comportements inhabituels, nouveaux ou gênants de votre chien ? ...
© Julie Decompte
Ethologue et Comportementaliste
Site Internet : http://www.comportementaliste-chien-chat.fr
Mail : julie@comportementaliste-chien-chat.fr
Tél : 05 62 71 24 35 ou 06 08 30 64 90
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